Développement du projet

Recontruire pour  PAGE DE GARDE

Reconstruire pour …

Après l’incendie du 16 décembre 2013 il est tout de suite venu la question – Fallait-il reconstruire ?

Si la reconstruction de la salle paraissait une évidence celle d’une scène et ses infrastructures l’était moins – Une scène pour qui pour quoi ?

A qui appartenaient les décors et les équipements scéniques qui ont disparu dans les flammes ? La troupe de théâtre d’Orzens n’a jamais été une association constituée mais, depuis aussi loin que nous le transmet la mémoire collective, a toujours été un groupe attenant aux différentes sociétés locales et plus particulièrement aux sociétés de chants qui se sont succédé.

Il nous parut donc évident que la commune d’Orzens devait prendre la responsabilité de lancer une réflexion sur un patrimoine qui était plus immatériel que matériel.

Première étape répertorier la « mémoire » (archives).

Les recherches ont été principalement réalisées par Jean Gonin – un des piliers de la troupe de théâtre actuelle (fils d’Auguste Gonin qui était plus connu dans la région par le sobriquet de « Bourvil ») – et Frédéric Burkhard  (BIOGRAPHIE) artiste dont la famille réalise les décors de la troupe depuis 3 générations.

Les archives récoltées sont numérisées et en partie publiées sur ce blog. A ce jour le plus ancien article de presse découvert relatant une « soirée théâtrale » date de 1898. Nous n’avons pas encore trouvé d’articles ou d’annonces correspondant à la période de 1912 à 1934 ; Mais des photos montrent des acteurs devant le battoir qui se transformait en salle de spectacle le temps des représentations (généralement entre janvier et mars).

Puis une salle a été construite au centre du village. Cette salle n’avait pas de scène ; elle était reconstruite pour chaque nouvelle « pièce » puis démontée jusqu’à la prochaine.

cafe Burla et grande salle 1942-2015

En 1951 retour au «battoir» au bout duquel on vient de construire une scène permanente pour en faire un «vrai» théâtre de 700 places! (voir coupure de presse de l’inauguration). Des planches qui résisteront aux chevaux et à la diligence du «Courrier de Lyon» en 1953

Le courrier de Lyon 1953 Orzens 01

et verront passer plusieurs générations d’acteurs jusqu’à disparaître sous les flammes en 2013.

 

Si il ne fallait citer que deux points forts de cette période le premier serait le passage des drames aux comédies sous la direction du metteur en scène Jacques Béranger – ancien directeur du théâtre municipal de Lausanne et fils d’un des fondateurs Théâtre du Jorat / Grange Sublime de Mézières. En deuxième nous citerions le tournage du film « Monsieur Molière aux champs » du réalisateur Yvan Dalain en 1988.

Pour en connaître plus sur cette longue tradition de théâtre amateur consulter les pages «archives presses»  où sont compilées 125 coupures de presses ou plus d’une cinquantaine de photos d’archives dans «archives privées». La page « points forts des 125 ans» vous facilite une visite plus « rapide ».

Pour ne pas couper le fil de cette histoire théâtrale qui n’appartient pas qu’au village d’Orzens mais à toute une région nous nous devons de lui redonner une impulsion en mettant à disposition une infrastructure meilleure qu’avant.

Le projet se présente selon deux axes :

  • A. Le passé et le «passage» de la mémoire collective par la mise en place de l’installation «Reconstruire pour…» qui accueillera le public dès le porche d’entrée pour établir un dialogue avec ceux qui par le passé ont transmis la tradition.
  • B. Le future avec de nouveaux équipements scéniques.

A. Installation « Reconstruire pour… »:

Projet d’installation (extérieur)

3 colonnes symbolisant la mémoire collective – ce qui reste après l’incendie – à réaliser dans un seul tronc de chêne ; trouvé couché dans le lis de la rivière Menthe près de l’embouchure du Sauteruz. Elles seront disposées en triangle autour de la zone d’accueil de la nouvelle salle.

  • Une colonne « ouverte » vers le village.
  • Deux colonnes « portant » le porche d’entrée. Symboliquement le bâtiment et construit sur cet élément
  • Les bases sont faites de strates de différents types de sable aggloméré à la chaux comme des couches de dépôts historiques. Elles serviront également de banc et de lieu convivial.

Maquette et esquisses d’étude

MAQUETTE EXTERIEURE 01 s

Les « colonnes de mémoire » soutiendront symboliquement la nouvelle construction et accueilleront les visiteurs.

MAQUETTE EXTERIEURE 02 schene du SAUTERUZ Orzens 11-07-2015

L’installation extérieure sera réalisée avec le bois d’un tronc de chêne sorti du limon de la Menthue près de l’embouchure du Sauteruz. Il se trouve actuellement au CENTRE FORESTIER DE LA TUILIERE – OPPENS

esquisse montage 03b

Projet d’installation (intérieur)

Taillé dans un tronc de chêne de 125 ans «tombé» en lisière de forêt des hauts du village.

  • Une colonne/livre qui se développera en planches/pages dans la cage d’escalier. Sur les planches les portraits d’acteurs, de spectateurs dont le but est de mettre les visiteurs dans l’ambiance de la tradition théâtrale et de les faire parler pour que la mémoire perdure – Sur le même principe de l’ « installation identité ».

Maquette et planches d’étude

Projet d'installation pour la reconstruction de la salle communale d'Orzens

chene 125 ans Orzens 11-07-2015

L’installation intérieure sera réalisée avec le bois d’un chêne tombé, déraciné en lisière d’une forêt d’Orzens, l’année de l’incendie de la grande salle. Un chêne de 125 ans pour retranscrire  125 ans d’histoire du village et de sa région.

Projet d'installation pour la reconstruction de la salle communale d'Orzens

Projet d'installation intérieur, esquisse d'étude.

Les colonnes sont des «livres» qui «s’ouvriront» à la lecture du spectateur:

Planche/page sortie du tronc de la colonne intérieur. «AU NOUVEAU PERROQUET VERT» Janvier 1991 (Inès Gonin et Corinne Deriaz-Ellenberger)

Esquisses de mise en page.

Le silence de la terre 1969 Orzens esquisse mise en page                                              Pas toutes a la fois Orzens janvier 2011 esquisse de mise en page

« Le silence de la terre 1969 » (Auguste Gonin et Fredy Chevalley) et « Pas toutes a la fois 2011 » (Albert Ravera)

Représentation du

La pomme.

Dans le projet d’installation intérieure les planches sont placées dans le hall d’entrée et la cage d’escalier ; les images rapportées vont à la rencontre des visiteurs et ont pour but de réveiller la mémoire, de faire parler, de faire passer des grandes et des petites histoires.
Sur la planche ci-dessus Auguste Gonin mange une pomme.

Gilbert Burkhard : – J’avais fait une place du village avec au centre une fontaine où une pompe faisait couler l’eau. Les acteurs y avaient caché une bouteille de Bleue pour la scène de l’apéro. Lors d’une représentation Auguste Gonin avait dû boire un verre de trop qui lui a fait perdre la mémoire – le blanc total ! Pour la représentation suivante j’avais remplacé la Bleue par du sirop d’anis qui troublait l’eau comme l’absinthe, mais les acteurs se sont plaint de l’horrible goût de ce qu’ils devaient dorénavant boire sur scène.
Fredy Chevalley : – …Le blanc … Auguste avait oublié toutes ses répliques. Il s’est assis près des décors où se trouvait la souffleuse Anne-Marie Burla. Il mangeait un bout de pomme en tendant l’oreille pendant qu’Anne-Marie lui soufflait une réplique qu’il répétait. Puis une autre morce de pomme pour une autre réplique … Après le final ce n’est pas Auguste qui a vomit d’avoir trop bu mais Anne-Marie de «nervosité».

Des images pour se passer le « témoin » de la mémoire collective.

Coulisses de

« Lisette en grande discussion avec Monsieur Béranger; derrière Maurice avait mis sa blouse pour ne pas tacher son costume de  scène en servant à l’entracte. »

( Jacques Béranger, après avoir pris sa retraite de directeur du théâtre de Lausanne, a mis en scène la troupe d’Orzens pendant quelques années jusqu’à son décès en  1975.)
…La dernière année pour les trajets les acteurs allaient à tour de rôle le chercher à son domicile de Lausanne et le ramenaient après la répétition.
… Peu de temps après la dernière représentation de la « cuisine des anges » à Berne, un des acteurs est allé le chercher pour la traditionnelle soirée familiale. Mais il n’a pas pu venir car il devait trouver d’urgence un remplaçant pour prendre un rôle au pied levé dans une tournée des Galas Karsenty-Herbert. Monsieur Béranger est décédé quelques jours après et a laissé les acteurs d’Orzens orphelins – ils n’ont pas joué l’année suivante.

Répétition de

Répétition de « Du vent dans les branches de sassafras » Décembre 1989. Bernard Vincent, Jean Gonin, Evolène Burkhard

Acteurs devant le battoir d’Orzens, avant 1930.

Acteurs devant le battoir d’Orzens, avant 1930.

Jusqu’à ce jour personne n’a pu nous dire qui étaient ces acteurs et dans quelle pièce jouaient-ils!? Leurs remettre une place face au publique nous permettra de répondre et de « colmater notre mémoire. » et de nous rendre notre histoire.

B. Équipements scéniques:

L’étude de l’installation « identité », dont découle le projet « reconstruire pour… », est issue des réflexions sur l’identité villageoise survenue lors de l’élaboration du projet de fusion de 8 communes qui aurai pu se réunir sous le nom de commune de Sauteruz. Projet qui n’a pas passé la rampe du vote populaire peut-être par peur de perte d’identité mais plus assurément par manque de fondations solides ou construit sur un sol non « solidarisé ».

Il pourrait, de prima bord, paraître présomptueux de vouloir construire une nouvelle scène de théâtre pour une seules troupe locale aussi renommée soit-elle. En faisant des recherches dans les archives de presse autour de cette troupe d’Orzens, il nous est devenu évident que la tradition du théâtre amateur n’est pas une particularité de ce seul village mais qu’elle est ancrée dans le tissu culturel de toute une région et cela depuis fort longtemps. Si des troupes d’autres lieux ont foulé les planches des anciennes salles d’Orzens il en est d’autres qui ont déjà sollicité la possibilité d’utilisé la nouvelle scène.

Un projet culturel commun peut relier les habitants d’une région plus solidement que toutes constructions politiques et remettre ce sentiment d’identité, cité précédemment, à sa juste dimension géographique.

« La Trahison de Novare » Février 1944, René Piot.

« La Trahison de Novare » Février 1944, René Piot.

Si René Piot, portait ci-dessus, était en des temps difficiles fière de poser en costume et par-là de suivre cette longue tradition nous nous devons de tout faire pour qu’elle perdure et donc « reconstruire pour… ».

Jean Gonin et Frédéric Burkhard se sont associés à 5 autres personnes des villages de Oppens, Orzens et Gossens pour fonder, le 22 novembre 2016, l’Association Culturelle d’Orzens

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